Boîte à outils pianistique

Blocage, manque de fluidité sur un passage ? Il y a un hic mais lequel ? Il est temps de procéder à un diagnostic pour trouver l’origine du problème.

Quoi de plus stimulant que de solutionner soi-même ses problèmes ? Quelques pistes pour transformer sa pratique en véritable jeu de détective !

1. Doigtés

Tout débute ici. Les touches appuyées le sont-elles avec les doigts adéquats ?

Symptômes : inconforts dans le poignet, la main ou les doigts contraints à la torsion.

Un bon doigté permet d’obtenir la position de main la plus confortable possible mais aussi de préparer celle-ci au passage à venir. L’indication des doigtés apparaît parfois sur les partitions. Le cas échéant, où lorsqu’on joue d’oreille, il faut y aller par déduction, tenter différentes combinaisons. Il n’existe pas de doigté unique et propre à chaque passage. L’important est de sentir bien sur le clavier.

Suis-je en train de jouer une gamme ? Si oui les doigtés associés sont généralement ceux à utiliser. Ceux-ci sont consultables sur le Web.

En utilisant un doigté optimal, on résout déjà en partie le problème de position de la main.

2. Position

Symptômes : sensation de déséquilibre, inconforts au niveau du buste, bras ou mains.

La position de mon corps, bras et mains ne serait-elle pas en cause ?

Jouer du piano nécessite une posture particulière. Des pieds jusqu’au bout des doigts, rien ne doit être laissé au hasard. De la hauteur de sa banquette jusqu’à sa position par rapport au piano, tout se doit d’être réglé au mieux pour se concentrer sur l’essentiel, la musicalité..

3. Rythme

Chaque note à une place bien précise dans sa mesure. Les problèmes rythmiques sont assez fréquents.

Ralentir pour réussir

L’impatience de vouloir jouer un morceau dans son tempo final nous pousse souvent à la faute. Contre-productif, ce réflexe nous fait perdre du temps et le résultat manque bien souvent de propreté. À contrario, jouer à tempo réduit permet de passer à la loupe chaque passage, un véritable zoom sur le morceau. On en comprend alors bien mieux les détails, comment s’articulent les différentes notes notamment. Selon la difficulté rencontrée, cela se fera mains séparées ou mains ensemble. L’objectif est de jouer lentement tout en suivant un tempo régulier. Lorsque tout est à sa place, on réalise alors qu’accélérer progressivement jusqu’au tempo final est étonnement beaucoup plus simple.

S’enregistrer pour analyser

Le piano nécessite beaucoup de concentration, on doit y penser beaucoup de choses. Par conséquent, on perd parfois toute objectivité sur le résultat de ce que l’on produit. C’est pourquoi s’enregistrer procure un précieux outil d’analyse qui nous place en auditeur. N’ayant plus qu’à s’écouter, on peut alors trouver ce qui cloche, rythmiquement par exemple.

4. Mouvement

Étroitement lié à la position (point ci-dessus), les mouvements requièrent une attention particulière. Mal exécutés, ils peuvent mettre à mal certains passages.

Passer des graves aux aiguës implique une mobilisation de son corps de gauche à droite. En restant figé au centre du piano par exemple, on limite ses mouvements. Les bras peineront à atteindre les touches visées et les doigts ne seront pas à leur position optimale pour les attaquer. Il faut parfois se laisser aller pour se rendre compte que le corps va de lui-même exécuter le mouvement optimal pour aller du point A au point B.

Certains patterns, arpèges notamment, nécessitent une rotation de l’avant bras pour faciliter l’action individuelle de chaque doigt. J’écrirai un article sur l’approche Taubman.

5. Intellectualisation musicale

Ce que je dois jouer monte dans les aiguës ou descend dans les graves ? Y a-t-il un écart important ou au contraire assez réduit entre les notes ? Est-ce un arpège d’un accord ? Si oui quel est l’accord d’origine ? Analyser ce qu’on doit jouer permet de le mentaliser, le comprendre pour mieux l’interpréter.

Pour faciliter la compréhension d’un morceau et de fait son exécution, il faut en avoir une vue d’ensemble. Ne pas l’aborder note par note mais plutôt par groupement de notes, ou phrases musicales. Le mémoriser deviendra alors plus facile car on s’attache à sa globalité plutôt que chaque détail.

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